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Origine des noms de rues

L’étude des noms des rues de Mézières-en-Brenne, réalisée par l’Association Culturelle Macérienne, s’achève avec ce cinquième volet. Elle permet aux habitants de disposer d’informations sur l’origine des noms  classés par ordre alphabétique. Pour rappel, le présent article qui concerne le nom des artères, compris entre « la rue de l’Ouest » et « la rue de Watou », prolonge la liste publiée en quatre parties dans les colonnes de ce blog. Ce que votre rue raconte (3 janvier) ; Le nom des rues (2 février) ; Des plaques et des histoires (20 février) ; Des noms, des rues, des histoires (8 avril).

Rue de l’Ouest : nos ancêtres avaient un sens très pratique pour baptiser les rues : Nord, Est, Ouest. Le Sud est manquant et pour cause, la Claise faisait un barrage naturel aux routes. Cette très vieille artère en arc de cercle, qui suit les contours des anciennes douves du château, n’a donc eu qu’une seule dénomination. Comme pour les autres rues aux noms de points cardinaux, il n’y a que le terme « faubourg » qui a disparu au fil des années.

Passagers sur le quai de la gare

Rue de la Paroisse : encore appelée « de la succursale » dans la première moitié au XIXe siècle, cette impasse tient son appellation de la chapelle Sainte-Elisabeth dont il ne reste qu’un morceau d’escalier encore visible. Un cimetière jouxtait ce lieu de culte. Avant l’édification de l’ancienne collégiale à Mézières en 1339, les offices religieux se tenaient à Subtray. Pour éviter aux habitants de parcourir la lieue qui séparait les deux sites, une « succursale » permettait d’y accomplir toutes les fonctions curiales. Au Moyen Âge, chaque lundi de Pentecôte, toute la population empruntait cette rue pour assister au jeu de la Quintaine sur la Claise (alors accessible avant les constructions actuelles). L’unique occasion de se moquer des tout puissants et malhonnêtes meuniers et de les voir « sans caleçon, sans bas et sans souliers »…

Rue des Plaudets : un chemin éponyme apparaît en 1890 du nom de monsieur Plaudet, famille omniprésente à Parnac (36) et à Saint-Sébastien (23), à l’ouest d’Eguzon-Chantôme. Un nouveau quartier résidentiel est sorti de terre dans les années 1980/1990. Ce terme générique lui a été attribué.

Rue du Pont Malientras : la décomposition du mot est explicite : « mal y entra ». Les carrioles devaient effectivement éprouver quelques difficultés vers 1566 pour aborder cette voie coudée, sans visibilité et franchir le pont, avant de faire face à l’entrée du château. Les habitants ont donc trouvé cette dénomination qui s’est contractée et est parvenue ainsi jusqu’à nous… Porte d’entrée à la cité, très commerçante jusqu’au milieu du XXe siècle, cette artère s’est aussi appelée à différentes époques : « grand rue » (1414), « grande rue du levant au couchant » (1851), « rue grande » (1911), « grande rue » et officieusement « rue des bouchers » du fait de la présence de ces quatre commerces.

Avenue de Verdun (carte postale ancienne)

Chemin du Pré de Chaume : dans l’Indre, le chaume est un terrain vague et découvert servant de pacage aux bestiaux. Prolongé entre 2011 et 2015, cet ex droit de passage débouchait auparavant sur des jardins et une zone boisée.

Route de Saint-Michel-en-Brenne : aujourd’hui, cette large route mène simplement à la localité éponyme située à 4 km. Lorsqu’il n’était qu’un simple sentier de terre, bien boueux l’hiver, on empruntait alors le « chemin de communication n°2 » en 1845 avant la « route départementale n°17 » quelques années plus tard. Le 29 septembre, jour de la Saint-Michel, est traditionnellement la date d’expiration des baux ruraux. S’inspirant en cela de l’ancienne habitude des fermiers qui devaient payer leurs fermages à l’issue des récoltes.

Route du Touchain : dérivé de touche qui signifie un petit bois, un bouquet d’arbres au milieu d’une plaine.

Avenue de Verdun : c’est à la suite d’une demande d’une association nationale mémorielle que le conseil municipal a attribué, en 1961, ce nouveau nom à « l’avenue ou rue de la Gare ». Les combattants de la Première Guerre mondiale se voyaient ainsi justement célébrés. A la suite de l’arrêt définitif de la ligne de train Le Blanc – Argent-sur-Sauldre fin 1953, le terme de « gare » ne se justifiait plus. Cette drôle d’avenue qui se termine en cul de sac a été percée au tout début du XIXe siècle pour desservir la nouvelle gare ouverte le 17 novembre 1902. Faute d’argent pour la construire, la compagnie ferroviaire Faugère et Chatelin a avancé les fonds à la commune qui s’est acquise de sa dette cinq ans après. Pour l’anecdote, il fallait 14 heures pour parcourir les 191 km de cette ligne qui a permis le désenclavement de la Brenne.

Rue de la Vieille église : avec beaucoup d’imagination, on peut encore deviner le contour au sol de cette seconde église édifiée à Subtray au XIe siècle, peut-être à l’initiative de Jeanne de Brenne. Prenant le nom de Saint-Martin, elle a succédé à celle de Saint-Pierre-aux-Liens, tombée en ruines sur la rive gauche de la Claise. Il semble qu’Alix, la petite-fille de Jeanne l’ait faite reconstruire vers 1334. N’oublions pas que, faute de lieu de culte avant 1339, les paroissiens de Mézières devaient parcourir 6 km aller-retour pour assister à la messe et aux autres évènements religieux dont le centre était Subtray.

Chemin des Vignes : cette rue a conservé son nom d’ancien chemin qui menait aux vignes localisées dans l’actuel quartier construit des Plaudets. Les parcelles, cultivées pour une consommation familiale, produisaient un breuvage très ordinaire à base entre autres de noah(3), ce cépage hybride américain apparu en 1896 pour contrer le phylloxéra. Réputé rendre fou, il fut officiellement interdit en 1934 mais perdura… sous les feuilles des ceps.

Inauguration de la rue de Watou

Rue de Watou : jumelé depuis 1986 avec Mézières, Watou est une charmante bourgade de 1900 résidents situé à moins d’un kilomètre de la frontière française en Flandre occidentale belge. Aujourd’hui, il est administrativement rattaché à l’agglomération de Poperinge, capitale du houblon. Sa brasserie locale a permis aux Macériens de découvrir l’excellence de la boisson nationale. Il existe une cuvée exclusive : « la bière de la bonde »(3). Les profonds liens d’amitié unissant de nombreux habitants des deux communes ont été initiés par le dynamique comité de jumelage qui fêtera bientôt ses 40 ans d’existence. La rue a été inaugurée l’année même de la création de cette association.

3-L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Vous vous souvenez, votre adresse ? Celle tant de fois écrite manuellement ou numériquement… Elle reflète un petit bout de la mémoire de Mézières, au travers de plantations réalisées par les générations précédentes, au travers d’anciennes activités rurales, au travers de l’Histoire quelle soit nationale ou locale. Parfois, elle met en valeur des personnalités qui ont agi pour le bien commun ou qui ont combattu pour notre liberté. Le lieu, choisi avec soin – une voie de communication ou un bâtiment public – est souvent symbolique : il associe la valeur de l’individu à ses qualités humaines.

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