Aller au contenu

Parcours d’un maître pastelliste

Jusqu’au 26 juin, Le Moulin expose des œuvres de Lionel Asselineau-Flanet, maître pastelliste.

La succession des tableaux de Lionel, c’est comme une vague de couleurs, un mouvement, un va-et-vient renouvelé, mais jamais semblable. Le visiteur passera ou s’arrêtera, attiré par une oscillation qu’il interprétera, ou pas, simplement charmé, par une association de tons, sensible à l’émotion que provoque telle ou telle œuvre. L’artiste le confie « Je n’ai pas d’idées précises lorsque je commence un tableau. Je me laisse porter par un geste, une intuition ». Il en résulte une explosion de couleurs qui se livre, comme un spectacle. Une mise en scène qui accompagne chaque pas du visiteur, le long des murs de la salle.

Et puis, surprise ! Scène de vie en pleine nature ! Une échasse blanche sur un plan d’eau. Cette « symphonie du marais » de facture classique, est d’une telle rupture avec le style des pastels précédents que l’on s’interroge si elle a été créée par le même peintre. Et pourtant ce pastel particulièrement réaliste est bien de Lionel Asselineau-Flanet. Tout comme ce « Suzhou, souvenir de Chine » à deux pas de l’échasse. Cette fidèle reproduction d’une plaque sculptée sur les marches d’un escalier est présentée par son auteur comme l’ultime œuvre d’une période achevée. Une sorte de passage de témoin entre deux visions d’un même art. L’envie de peindre des oiseaux ayant définitivement quitté l’esprit de Lionel, celui-ci après une phase improductive, se lance dans une expression répondant à une soif de liberté.

Suzhou, souvenir de Chine

Le pastelliste vogue dès lors vers de nouveaux horizons. Fidèle à une vie déjà marquée par des activités très variées.

En 1989, il décroche un diplôme de sertisseur à l’École B.J.O de Paris (Bijouterie, Joaillerie et Orfèvrerie). Durant 10 ans, il œuvre pour les plus grands joailliers de la place Vendôme : Van Cleef & Arpels, Cartier, Chanel et Tiffany.

En 2001, il décide de quitter Paris pour vivre en Creuse et devenir artiste peintre professionnel. Il se consacre à l’observation des oiseaux et au pastel, cette matière qu’il aime par-dessus tout, car très tactile comme son ancien métier.

Pendant 15 ans, il peint des oiseaux.

À partir d’octobre 2001, ses tableaux sont sélectionnés par la Société des Pastellistes de France. En juillet 2007, elle décide de lui décerner le titre de maître Pastelliste.

Travail reconnu également en 2017. Il est cité et illustré dans le catalogue de l’exposition « Jean-Jacques Audubon », dessins de jeunesse au Muséum de La Rochelle.

En 2016, il décide d’arrêter de peindre des oiseaux. « Ma démarche actuelle dans ma peinture s’explique par un lâcher prise, comme se jeter dans le vide. Mettre mon expérience à la fois technique et artistique au service du geste spontané. La couleur reprend sa place en tant que créatrice d’univers. Elle n’est plus celle qui est au service du dessin. »

Il n’est pas excessif d’affirmer, en tous cas, que les couleurs des pastels de Lionel sont au service de l’évasion et du bien-être. Bien longtemps après avoir quitté la salle d’exposition, elles habitent encore nos mémoires, pour notre plus grand bonheur.

Étiquettes:
5 1 vote
Évaluez !
S’abonner
Notification pour
guest

1 Commentaire
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Andrews-Peraldi Hélène
Andrews-Peraldi Hélène
6 mois il y a

Merci Philippe pour cet article qui reflète à merveille le parcours de Lionel Asselineau , sa passion inexorable pour ce médium qu’il maitrise à merveille.

Hélène

PS: j’imprime ton article et l’affiche dans la salle d’exposition du Moulin

1
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x