
Lors des derniers championnats de France de tir, disputés à Besançon, les 24 et 25 janvier derniers, le Club de Tir Brennou (CTB), s’est de nouveau distingué. Jérôme Perrochon a trusté les titres dans la catégorie Para-tir, montant trois fois sur la plus haute marche du podium. Thomas Truffier, quant à lui, revient avec une médaille d’argent. Une décoration supplémentaire dans l’imposante collection de ce jeune tireur issu de l’École de Tir.
Créée en 2013, l’École de tir du CTB (destinée aux enfants et adolescents de 8 à 16 ans), récolte depuis plusieurs années une quantité impressionnante de places d’honneur, de médailles et de titres dans différentes compétitions individuelles ou par équipes : départementales, régionales ou nationales. Chaque saison, des jeunes du club, accèdent au championnat de France. Ils étaient 8 en 2025. À ce niveau, Thomas Truffier, véritable figure de proue du club, cumule les performances exceptionnelles. Fait unique dans sa catégorie, en 2022, il est triple médaillé d’or. Mais il n’est pas le seul à briller cette année-là. Victor se classe 5ème. En 2016, Klara quant à elle, s’est hissé à la 7ème place. Pour apprécier le résultat à sa juste valeur, notons que le nombre de participants par discipline et catégorie s’élève à environ 150 concurrents.


Ces performances individuelles renouvelées année après année, si elles tiennent aux qualités de chacune et chacun des tireurs, témoignent du niveau collectif du club. Les succès enregistrés résultent du travail accompli chaque semaine par un nombre croissant de licenciés. Les raisons d’une telle réussite ? Elles tiennent en partie à la qualité de l’accueil. Une pratique sportive encadrée avec sérieux et bienveillance. L’influence familiale joue également un rôle pour décider de s’inscrire au club. Les exemples ne manquent pas. Le frère d’Arthur est licencié. L’oncle de Clément tire au Blanc. « Mes cousins m’ont donné envie de venir » confie Sebastian. Le frère et le père de Gabin l’ont entraîné. Etc. Et la source ne semble pas prête de se tarir. En 2025, ils sont 22 à se présenter sur le pas de tir, le mercredi et le dimanche. Et parmi eux, sept sont nouvellement adhérents au club. Ils côtoient des « anciens » qui fréquentent le CTB depuis 5 ou 6 ans, tels Éléonore et Armand habitués à en découdre dans plusieurs compétitions.
Mais en aucune façon, l’École de tir du CTB, prétend à n’être qu’une fabrique à champions. Les deux entraîneurs, Anne-Cécile et Michel Doiseau le revendiquent. « Nous nous sommes investis dans ce club avant tout pour s’assurer que les enfants prennent du plaisir dans cette pratique sportive ». Ils appliquent à cet effet une pédagogie individuelle, tenant compte des spécificités de chaque licencié. Le but est que chacune, chacun avance à son rythme, en fonction des ses capacités et aspirations. L’initiation repose sur un procédé mis au point par la Fédération Française de Tir : les cibles couleurs. Elles valident par étape, les acquis des licenciés, comme les ceintures au judo. Elles sont au nombre de sept, de la blanche à l’arc-en-ciel. Mais elles ne sont pas que des marques de la reconnaissance des progrès en terme de maîtrise de la technique et des résultats. Elles témoignent de l’acquisition et de la manifestation des valeurs véhiculées par le sport : respect des animateurs et des partenaires, contrôle de soi, esprit d’équipe, fraternité, dépassement de soi, notamment. Cette démarche est appliquée avec la volonté de créer une ambiance studieuse et plaisante à la fois. Ce qui convient à tous ces licenciés, puisqu’elles et ils affichent, pour la quasi unanimité, l’envie de rester dans ce club. Avec toutefois, des motivations parfois différentes. Une partie d’entre eux vient essentiellement pour se détendre. Esteban le confie tranquillement, lorsqu’il parle des séances de tir. « Je suis content d’être dans ma bulle. J’aime les armes, mais je fais ça pour le plaisir pas pour la compétition ». C’est ainsi que Gwandal apprécie ce sport. « La compétition ne m’intéresse pas, je viens pour m’amuser uniquement ». Même constat pour Phoebe qui ne se voit pas en compétitrice. Contrairement à Valène, qui se fixe des objectifs. « Je vise le plus haut possible. » Cette recherche de performance lui demande de lutter contre le stress. État d’esprit commun à tous les compétiteurs dans l’âme, comme Victor tendu vers l’amélioration de ses résultats. Ses différents classements, médaille d’argent à un championnat départemental, de bronze au niveau régional et sa belle 5ème place aux nationaux sont de nature à le motiver. Il y a de toute évidence, des aides à apporter pour faciliter les performances.


C’est la raison pour laquelle, Anne-Cécile et Michel programment des rencontres avec un préparateur mental. Ce fut le cas mercredi 11 février. Jean-Marc Bréard, professeur de gymnastique, invitait une demi-douzaine de jeunes à réfléchir sur leur état d’esprit et leur comportement à l’approche et pendant les compétitions. Un travail d’introspection mené en douceur pour permettre de mieux aborder les rencontres sportives. Cette première séance (deux autres suivront), consistait pour l’essentiel à mettre des mots sur les ressentis, les émotions. Pas de recette miracle donc, mais la volonté de donner des outils pour que chacune et chacun progresse en fonction de sa personnalité. Une conception qui rejoint celle des entraîneurs de l’École de Tir. Faire d’abord en sorte que les licenciés se sentent bien dans leurs baskets et prennent du plaisir à viser les cibles. Ce qui est d’ailleurs, un gage de réussite dans les compétitions. Le bilan du CTB l’atteste.