Quatrième chapitre consacré à la toponymie des rues de Mézières. Proposé par l’Association Culturelle Macérienne, le voyage au cœur du bourg se poursuit.

Rue de la Lanterne : peut-être appelée « rue de l’église au moulin banal » vers 1598, le cadastre napoléonien la désigne déjà ainsi en 1836. A notre connaissance, il n’y a jamais eu de lanterne des morts (fanal funéraire signalant un décès en allumant une bougie portée à son sommet) à Mézières, même si ces édifices étaient majoritairement concentrés dans le centre-ouest. La découverte d’un document de référence résoudra-elle un jour le mystère ?
Léon Boussard (1908-1984) : journaliste en presse écrite (Le Matin, Paris-Soir, l’Intransigeant, …) puis radiophonique sur la jeune Radio Monte-Carlo, il acquiert en 1962 le domaine des Chaumes, après quelques années passées à Montréal (Canada) comme chef du service de presse de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Occupé entre l’élevage de moutons et l’écriture de plusieurs romans, Léon Boussard s’installe dans le fauteuil de maire du mois de mars 1971 à 1983, se partageant entre ses domiciles parisien et brennou. L’attribution de son patronyme à la bibliothèque municipale créée en 1987 semblait évidente, eu égard aux qualités d’homme de lettres de cet ancien premier édile.

Rue Léon-Joseph Bourreau : ce bourrelier né en 1881 a été élu au conseil municipal le 5 mai 1912, à l’âge de 31 ans. Il y demeurera jusqu’à son décès en 1965, comme deuxième adjoint en 1944 puis premier en 1959 en ayant fait preuve d’un dévouement constant et exemplaire pour l’administration de la commune. A la demande du docteur Daniel Pilorgé en 1970, l’ancienne « rue des Ecoles » changera alors de nom.
Sentier de la Longueraie : à peine visible derrière l’église, ce passage piétonnier mène au canal de dérivation de la Claise. Son intitulé, attesté en 1939, correspond parfaitement au lieu, une rège ou raige ou encore raise pouvant servir de limite aux jardins ou aux vignes. On peut aussi évoquer un sentier entre les treilles.

Rue de la Mairie : ce chemin rural de 130 mètres a pris le nom de la maison commune en 1946. L’ancien corps de logis du château, qui a aussi hébergé la justice de paix, la gendarmerie et des classes d’école de filles, a été détruit en 1928. Lors de la construction de l’actuel hôtel de ville, les élus en place ont scellé, dans le bas d’un pilier, une boîte en fer contenant une photo et un procès-verbal. En 1899, l’architecte départemental Henry Dauvergne avait envisagé l’édification d’un imposant bâtiment qui aurait regroupé la mairie et le groupe scolaire, ce, pour faire face à l’augmentation du nombre d’élèves. Le projet a été abandonné faute de moyens.
Rue des Malfaiteurs : cette ancienne impasse dans les années 1950 est déjà identifiée en 1840 avec cette dénomination qui demeure une énigme. En effet, les quelques malfaiteurs (personne qui commet des actes criminels) possiblement appréhendés devaient être enfermés dans la prison située au sous-sol de l’une des tours de l’ancien château avant d’être transférés à la maison d’arrêt du Blanc. A l’arrière de cette voie, il n’y avait alors que des prés …
Impasse Malientras : ex impasse « de l’abreuvoir », ce dernier était situé derrière l’actuelle maison du 8 rue du Pont Malientras. Les animaux buvaient l’eau du canal qui traverse l’agglomération. Voir à « rue du Pont Malientras » pour les explications complémentaires.
Rue de la Maréchalerie : cette voie a été percée à la fin du XIXe siècle pour mener à la nouvelle école publique ouverte en 1908. Initialement « rue Centrale ou du Centre », elle adopta la profession de Louis Doucet lorsque celui-ci s’installa au n° 5. Daniel Viard, le dernier maréchal-ferrant, y travailla jusqu’en 1978 faisant résonner son marteau haut et fort dans la rue.

Rue Marie-Joseph Chartier : né en 1913, cet enfant du pays est incorporé fin 1939 au bataillon de l’air n° 132 à Châteauroux. Affecté comme « monteur hangars », il sera démobilisé quelques mois plus tard. Entré dans la Résistance le 15 mars 1944, il participa à un sabotage dans le secteur de Clion-sur-Indre et réceptionna des parachutages alliés. Ayant rejoint le maquis Carol, l’adjudant-chef Chartier sera nommé chef de section du groupe dit « des caves ». Mortellement blessé au cours d’un affrontement, il décède le 13 août 1944 à l’hôpital de Châtillon-sur-Indre, peu après son arrivée. C’est en reconnaissance à ce résistant « Mort pour la France » que la municipalité lui attribuera le nom de cette rue.
Espace Mario Alvarado : ne pouvant rentrer dans son Chili natal après le coup d’Etat militaire du 11/09/1973, Mario parcourt l’Europe avant de s’installer en Brenne en 1984 au lieu-dit les Périnières. Artiste peintre, il fait découvrir l’art contemporain aux habitants de la région et il initie les enfants de l’école à sa technique picturale sur une fresque de plus de 30 mètres de long qui sera exposée à l’aéroport d’Orly. Avec son dynamisme, sa gentillesse et sa détermination, il crée le MEBAC (Mézières-en-Brenne Art Contemporain) au Moulin. La personnalité de Mario, trop tôt disparu en 1994 à 44 ans, a profondément marqué les Macériens. Pour ne pas l’oublier, cet espace qui donne accès à la médiathèque porte son patronyme.
Rue Neuve : dès 1977, la naissance de cette rue est suggérée. Il faudra attendre 2009 pour qu’elle soit viabilisée. Peut-être sera-t-elle gratifiée un jour d’un autre nom, plus en rapport avec la vie locale ?

Rue du Nord : que d’appellations avant de parvenir à ce point cardinal ! « République », « Journeau » du nom de propriétaire de l’hôtel sis au n° 14, « de la Poste » en 1906 pour terminer comme rue du « faubourg du Nord ». La petite portion située devant le Moulin jusqu’à la rue de la Lanterne s’est appelée sur le relevé cadastral de 1840, rue du « moulin des brémâlons », ces derniers étant de la bruyère à balai, très présente en Brenne.
Rue et place des Orchidées : installées là depuis 1824, les religieuses de l’Ordre des Sœurs de la Croix prirent en charge deux classes de jeunes filles avant qu’un hospice ne soit construit, à la suite d’un legs des époux François au milieu du XIXe siècle. Spontanément, la population a qualifié cette rue « des Sœurs » et « de l’hospice ». Pour répondre aux besoins, le lieu se transforma en dispensaire, maternité et même hôpital avant d’être remplacé, par une loi organisant la filière sociale et médico-sociale, en maison de retraite en 1976 puis en EHPAD à partir de 2009. C’est à cette occasion qu’elle endossa son nom actuel.